LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX
DU CRIME

PROLOGUE

On raconte que, au cours du XX° siècle, le diable est redescendu sur terre, une fois de plus, car il ne se décourage jamais, et qu'il a passé un pacte avec un vieil encadreur du Faubourg Saint-Denis aux portes de la mort. Il lui a fait tailler sept miroirs maléfiques montés sur sept cadres merveilleusement sculptés...

On raconte que celui qui se regarde, ne serait-ce qu'une fois, dans l'un de ces miroirs, sent immédiatement monter en lui jusqu'au paroxysme le péché majeur dont il est porteur, se découvre des forces inouïes pour assouvir ses penchants, et se livre à tous les excès.

On raconte que le but du Démon est de plonger à nouveau l'humanité dans une nouvelle ère de barbarie et d'obscurantisme.

On raconte aussi qu'un ange est descendu à sa suite dans l'espoir de retrouver chaque miroir, et de le détruire par le feu, au péril de son âme...

Mais on raconte tant de choses...

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LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX
DU CRIME

LE PRINCIPE


Suivront sept récits différents, à raison d'un dessinateur différent par album.

Chaque album relatera l'histoire d'un personnage particulier, celui-ci n'ayant pas de rapport avec les autres, et l'album pouvant donc à chaque fois être lu séparément.

Un personnage interviendra dans chacun de ces sept récits. Il se nomme Séphir Lechevalier. C'est un jeune homme, d'une beauté presque angélique. Il paraît surgi de nulle part. Quelle que soit l'époque où se déroule l'histoire, que ce soit au début du siècle où à la fin, curieusement il a toujours trente ans.

On le verra enquêter inlassablement, pour retrouver la trace des sept cadres sculptés. Il sera aidé dans ses recherches par une mystérieuse organisation, qu'il retrouvera dans les endroits les plus insolites : les catacombes, les caves d'un presbytère, les ruines d'une commanderie cathare, etc. Puis, ayant retrouvé à chaque fois l'un des cadres, batailler ferme pour le racheter ou le voler, et affronter à chaque fois un monstre de démesure prêt au pire pour le conserver...

Pour, victorieux enfin, livrer le cadre au feu, le détruire à tout jamais et, par là, défaire ce qui ressemble à une terrible malédiction destinée à entraîner le siècle à feu et à sang...

Et repartir à la recherche du suivant, sans relâche...


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RESUMÉS DES SEPT THEMES PRINCIPAUX

LA LUXURE

SYNOPSIS

Depuis longtemps, le professeur Alexander Shulson était considéré comme un chimiste d'exception. Fils d'immigrants russes, il ressemble beaucoup au Doc Emmett Brown de "retour vers le futur". C'est lui qui découvre la pharmacopsychologie avec la mescaline au début du siècle, et ses étonnants effets psychédéliques (ultraperception sensorielle et introspection) "J'ai découvert ce jour-là que certaines drogues nous ouvrent des portes sur des parties de nous-mêmes auxquelles nous n'aurions pas accès sans elles..." déclarera-t-il. Il ne s'arrêtera plus en chemin. Dans son laboratoire de fortune, seul, il découvrira plus de 200 substances psychédéliques. Il arrive qu'il en expérimente certaines sur lui-même. Il surveille alors son visage dans un très beau miroir sculpté pour en déceler les effets. Il invente entre autres la MDMA (ecstasy), les phényléthylamines, les tryptamines, le 2CB, le Teacher, et bien d'autres. Le problème c'est de tester à grande échelle ses découvertes sur des cobayes. Le professeur a trouvé un système ingénieux. Il introduit ses substances dans des chewing-gums, et les offre à ses élèves de l'Université. Sans les prévenir, évidemment. Pour voir. Il est ainsi responsable d'une vague de suicides sans précédent (Tri3D), et d'une longue série de meurtres aussi sauvages qu'inexpliqués (AlphaD7).

Lorsqu'on va le rencontrer, on va le voir prendre une part active à la libération inouïe de la libido des jeunes filles du campus liée à une absence totale de sens moral, ce qu'il considère comme étant un grand pas vers le progrès...

Cette libération soudaine des mœurs à laquelle on assiste, et la luxure frénétique qui en découla, nombreux sont ceux qui les attribuèrent à un mouvement revendicatif des idées. Mais la part que l'on peut affecter aux chewing-gums du professeur Alexander Shulson fut déterminante, bien que, à ce jour, elle n’ait pas été étudiée par les historiens. C'est dommage.

D'autant plus qu'ils circulent toujours, les chewing-gums en question...

Ajoutons que, très encouragé par les résultats de ses recherches qui venaient de dépasser ses espérances, on va le voir travailler à une nouvelle molécule. Selon ses notes que nous avons pu consulter, cette molécule permettra à la mémoire de remonter dans le temps, au travers des espèces, en partant des plus proches pour aller vers les plus lointaines, puis de même avec la matière elle-même, afin d'atteindre enfin son créateur, c'est-à-dire Dieu...

Pour l'interpeller, dit le professeur. Lui demander de rendre des comptes.

Son assistant du moment pense qu'Alexander en est bien capable. À condition, bien entendu, que Dieu soit d'accord...

Aussi insiste-t-il beaucoup pour lui servir de cobaye. Il dit qu'il est l'intercesseur idéal, l'outil rêvé pour entreprendre un tel voyage, l'ambassadeur irremplaçable...

C'est un certain Séphir Lechevalier...

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L'ENVIE

SYNOPSIS

Le docteur Aaron Lipsman, oto-rhino laryngologue, passait pour un brave homme, bien qu'un peu sec et pédant, dans sa bonne ville de Poitiers.

Il répondait présent à n'importe quelle heure de la nuit, et acceptait volontiers de soigner gratuitement. Surtout les jeunes filles. Encore plus les jeunes filles seules et libérées. Qu'il détestait pour des raisons médicales. Il n'avait aucune peine à les attirer dans sa clinique située à l'écart de la ville. Dans son cabinet, on remarquait un joli miroir sculpté devant lequel il aimait à resserrer son nœud de cravate. Là, il les expédiait ad patres en leur injectant sous un prétexte quelconque une dose mortelle de diamorphine (nom médical de l'héroïne). Puis il procédait sur les cadavres encore chauds à un certain nombre d'opérations rituelles, toujours les mêmes. Elles consistaient à leur introduire dans tous les orifices (avec une prédilection marquée pour trois d'entre eux) des objets longs de formes oblongues. Ensuite, rassasié (visuellement uniquement), il terminait le rituel par l'ablation d'une oreille.

Le docteur Lipsman était un collectionneur acharné. À la vue d'une oreille délicatement ourlée, rose, au lobe protubérant comme un téton, il ne pouvait résister à l'envie de la posséder, sans courir le risque d'attraper une maladie que, dans quelques mois, on appellerait le sida..

Toutes les oreilles féminines lui faisaient envie.
Toutes.
Il en rêvait la nuit, en salivait le jour, passait son temps à en dessiner partout, à les pénétrer par la pensée, à les fouiller, à les tripoter.

Le bon docteur était atteint de névrose obsessionnelle (sexuelle) compulsive (collectionnisme). Ce type d'obsession prend souvent la forme de phobie d'impulsion que le malade redoute de commettre. Le sujet ressent à la fois le désir et la crainte de céder à son obsession, laquelle porte souvent sur la religion et ...le péché.

Quand l'histoire commence, des oreilles, il en possède déjà 154. Des rondes, des allongées, des carrées, des pointues, des qui ouvrent sur un orifice mystérieux, ou des quasiment closes par un opercule. Elles sont fixées artistement sur des têtes de mannequins en plastique, et parées d'une boucle d'oreille. En effet, pour chaque oreille nouvelle, le bon docteur achète une parure complète, une parure de prix, souvent de diamants. Lesquelles comptent forcément deux pièces identiques. Le bon docteur s'est ainsi constitué dans une pièce attenante à sa clinique une sorte de musée dans lequel il passe de longues heures à suivre du bout du doigt les méandres de chaque pavillon. Il ne s'en lasse pas.

C'est la femme de ménage du docteur Aaron Lipsman, une jeune et affriolante africaine, qui découvrira le pot aux roses. Depuis longtemps déjà, elle se livre devant lui à des exhibitions effrénées pour le séduire, soulève ses jupes tandis qu'elle frotte le parquet à quatre pattes pour révéler qu'elle ne porte pas de culotte, laisse ses seins fabuleux jaillir hors de son chemisier déboutonné, mais sans aucun succès. Tout au plus parvient-elle à l'attirer jusqu'à son oreille, qu'il mordille, puis s'excuse et la laisse en plan, les vêtements semés sur les tapis. Dépitée, elle fouille dans ses papiers pour comprendre. Elle finit par découvrir 154 boucles d'oreilles désassorties dans un tiroir fermé à clé qu'elle a forcé. Là, elle commence à se douter de quelque chose, et, mue par un noir ressentiment, en parle à un certain Lechevalier, son voisin de palier.

Celui-ci, bien décidé à mettre un terme à une telle collection si coûteuse en vies humaines, n'hésitera pas à utiliser le concours d'une délicieuse religieuse de sa connaissance, ravissante et pure jeune fille d'à peine vingt ans, laquelle était prête à mettre son corps, sa pureté, sa vie en danger pour la cause... Ses appâts principaux en l’occurrence ?

Une merveilleuse paire d'oreilles au dessin absolument parfait, un coquillage, un pur chef d’œuvre...


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LA GOURMANDISE

SYNOPSIS


Très tôt, Gusta Mielops fit étalage d'une gourmandise hors du commun qui le conduisait à des actes répréhensibles. À huit ans, il pesait déjà 52 kilos et terrorisait ses camarades de classe pour pouvoir fouiller leurs cartables à la recherche de la moindre friandise. À 14, il prenait en otage l'un de ses condisciples, fils d'un couple de confiseurs à Viroflay. À 15, en usant de la torture sur le malheureux qu'il séquestrait, il parvenait à s'emparer du titre de propriété de la boutique dénommée "A la Sucette Magique". À l'intérieur de l'appartement, il y avait un très beau miroir encadré, orné d'un grand nombre de visages toutes langues dehors. Dès lors, plus rien ne pouvait l'arrêter. À 16, il régnait sur les trois magasins concurrents de la ville. À 17, il se lançait dans la conquête du marché, et mettait la main sur les Chocolats Léonidas, les Dragées Fitoussan, les biscuiteries Vandomme, en usant des pires stratagèmes...

Quand l'histoire commence, il a trente ans.

Il pèse 214 kilos.

C'est un monstre qui ne peut plus se déplacer autrement dans son immense propriété que grâce à un palan sophistiqué qui lui évite de marcher. Sa convoitise est sans borne. Un mannequin célèbre différent chaque jour vient poser devant son sculpteur attitré. Ou une actrice réputée pour sa beauté. Ou une star du X. Ou une Miss fraîchement élue. Peu importe le prix que cela coûte. Le sculpteur reproduit en sucre et pâte d'amande la ravissante créature, grandeur nature, nue, dans une pose lascive. Le travail doit être exécuté dans la journée. Le soir même, après le départ du modèle, Gusta Mielops, supporté par son palan, vient admirer le résultat, le caresse, le lèche, le mordille. Déguste un orteil, ou un annulaire pour se mettre en appétit. Puis finit par lui dévorer le sexe et les seins, goulûment.

Les plus prestigieux mannequins, stars et top-modèles ont ainsi été dévorées par le monstre, ceux-là mêmes dont tous les noms circulent.

Certains, qui n'osent pas parler trop haut, prétendent qu'il lui arrive souvent de dévorer le sexe et les seins de vraies femmes, bien chaudes et bien vivantes... Qu'il les fait maquiller et habiller afin qu'elles ressemblent à une célébrité quelconque, et qu'il les immole à son inimaginable gourmandise...

Dès qu'il repère une société à croquer, Mielops procède de même. Il en fait construire une maquette en pâte d'amande, chocolat et fruits confits, en même temps qu'il fait ce qu'il faut pour s'en emparer avec l'appui des banques qui sont toutes à sa botte. La gourmandise, les banques, elles connaissent. Puis il la déguste au sens figuré (la pâte d'amande) comme au sens propre (les actifs, les stocks, les filiales, tout) petit bout par petit bout, délicatement, savamment, en mâchant longuement... Ensuite il licencie une grande partie du personnel, s'approprie les stocks, et revend le reste quand elle n'est plus qu'une coquille vide...

C'est un homme auquel nul ne résiste et qui est prêt à tout pour satisfaire sa gourmandise énorme et ses appétits inouïs.

Jusqu'au jour ou un certain Lechevalier vint à faire parler de lui. Il avait servi comme maître cuisinier dans de nombreuses "bonnes maisons". On racontait partout qu'il détenait des recettes extraordinaires, héritées des anciens, et dont on disait merveille. Le bruit en courait dans tout Paris. On parlait notamment de l'une de ses recettes, dite "Zéphirine succulente", qui paraît-il, laissait béats les palais les plus avertis.

Mielops pensa que la recette était promise à un succès mondial. Et qu'il y avait du profit à faire là-dessus. Rien qu'à y penser, il en salivait. Au propre comme au figuré. Il envoya son homme de confiance vers Séphir, tenta de le séduire, et lui proposa beaucoup d'argent pour qu'il accepte de passer à son service. En pure perte. Alors il le fit enlever.

Séphir consentit à vendre son secret, mais seulement en échange d'un cadre sculpté dont il savait, Dieu sait comment, qu'il était en possession du monstre. Mielops tenait à son cadre, et Séphir à sa recette. Le premier tenta de faire fléchir le second, par tous les moyens, puis par la torture. Sans succès encore. Le monstre finit par céder, promit le cadre. Séphir, quand il accepta de confectionner sa fameuse crème Zéphirine dans les cuisines immenses du Minotaure, tenait à peine debout et craignait fort de ne pas parvenir au terme de la confection qui requérait une énergie considérable. Quand il y parvint, il n'était pas certain non plus d'avoir réussi son mélange qui demandait plusieurs jours...

...Il l'avait réussi, et au-delà.

Car la recette avait cette particularité que, quand on y goûtait (et qu'on était affligé du péché de gourmandise, bien sûr), on était comme envoûté, et on ne pouvait plus rien faire d'autre, que d'en manger, en manger, en manger, sans répit, sans arrêt, sans pouvoir plus jamais s'arrêter, ne fusse qu'une seconde... Ce qui conduisit l'éléphantesque Mielops à...

Mais ceci est la fin de l'histoire, que nous vous conterons... peut-être..

 

Les quatre autres synopsis, "la paresse", "l'orgueil", "la colère", "l'avarice" sont
presque entièrement écrits, et seront volontiers communiqués à tout éditeur,
directeur de collection, ou décisionnaire éditorial qui me fera l'honneur de bien
vouloir me le demander en cliquant ici.


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